ares

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Arès (en grec ancien Ἄρης / Arês ou Ἄρεως / Areôs) est le dieu de la guerre et de la destruction dans la mythologie grecque. Fils de Zeus et de Héra, il est identifié à Mars chez les Romains. Arès est le dieu de la guerre, de la brutalité et du carnage. Il va au combat accompagné de sa s½ur Éris (la Discorde), ses fils Déimos (la Terreur) et Phobos , ainsi que d'Ényo, déesse des batailles. Lui-même est souvent appelé Ἐνυάλιος / Enyálios. Traditionnellement, les Grecs interprètent son nom comme un dérivé du mot « tueur », ἀναίρης / anaírês.

En tant que tel, il est haï des autres dieux, en particulier Zeus, lequel lui déclare dans l'Iliade :

« Je te hais plus qu'aucun des dieux qui vivent sur l'Olympe
Car tu ne rêves que discordes, guerres et combats[1]. »

Héra, sa mère, ne l'apprécie guère plus, dépitée qu'elle est de le voir prendre parti pour les Troyens pendant la guerre de Troie. Elle déclare pareillement à son sujet :

« Zeus Père, n'es-tu pas outré des sévices d'Arès ?
Combien de braves Achéens n'a-t-il pas fait périr
À tort et à travers ! J'en suis navrée, et cependant
Aphrodite et Apollon à l'arc d'argent sont tout heureux
D'avoir lâché ce fou qui ne connaît aucune loi[2]. »

Athéna, déesse de la guerre comme lui, représente les aspects positifs de la guerre, comme la victoire, alors qu'il en incarne les aspects négatifs. Les deux se haïssent particulièrement. Devant Troie, elle incite Diomède à le frapper, et lui jette elle-même un gros bloc de pierre, qui l'atteint au cou. Il faut dire que, seul parmi les dieux, Arès prend part personnellement au combat, et ne dédaigne pas de dépouiller Périphas de ses armes[3], à l'instar d'un mortel.

Seule Aphrodite témoigne de l'affection à son « bon frère »[4] qui selon d'autres légendes est également son amant. Dans son ¼dipe à Colone, Sophocle peut ainsi le proclamer « le dieu à qui tout honneur est refusé parmi les dieux »[5].

Son nom désigne toute forme de mort violente, et plus particulièrement la peste. La guerre est surnommée « danse d'Arès » dans les épopées. Les Grecs voient en lui le « dieu des larmes »[6]. Seul l'Hymne homérique qui lui est consacré, sans doute tardif, le montre sous un jour bienveillant et le nomme :

« C½ur hardi, porteur de bouclier sauveur des cités, coiffé d'airain,
Aux mains robustes, infatigable, fort par la lance, rempart de l'Olympe,
Père de la Victoire, heureuse conclusion des guerres, auxiliaire de Thémis ;
Maître absolu de l'adversaire, guide des hommes les plus justes[7]. »

Il est intéressant de comparer la haine qu'inspirait aux Grecs la force brute d'Arès au respect que portaient les Romains à son homologue Mars : on peut y voir le contraste de valeurs entre ces deux civilisations antiques.


[modifier] Garant des serments
Arès est aussi le dieu vengeur. En tant que tel, son nom est utilisé dans les serments solennels. C'est par exemple le cas dans le serment prêté par les jeunes Athéniens pendant leur éphébie.


[modifier] Vicissitudes
Sa force aveugle n'en fait pas un combattant invincible : dans le Bouclier d'Héraclès du pseudo-Hésiode[8], il est vaincu par deux fois par Héraclès et dans l'Iliade, il doit s'avouer vaincu face à Diomède. L'Iliade relate également que les Aloades l'enferment pendant treize mois dans une jarre de bronze. Selon le scholiaste[9], c'est pour avoir causé la mort d'Adonis, placé sous la charge des Aloades. Il est délivré, à bout de forces, par Hermès. Il s'agit probablement de l'explication étiologique d'un festival survenant tous les 13 mois, durant lequel toutes sortes de licences étaient permises[10].

Selon Euripide[11] et Hellanicos[12], quand Halirrhothios, fils de Poséidon, violente Alcippé — fille qu'il a avec Aglaure, fille de Cécrops —, il le tue. Pour ce meurtre, Arès est traduit devant le tribunal des dieux olympiens, sur la colline qui prend son nom (cf. Aréopage). Selon Euripide, il est acquitté. D'après Panyasis[13] cependant, il semble qu'Arès doive servir parmi les mortels, sans doute pour prix de ce meurtre.


[modifier] Amours et postérité

Botticelli, Vénus et Mars, 1483, National Gallery (Londres)Présentés dans l'Iliade comme purement fraternels, les rapports d'Arès et d'Aphrodite deviennent dans l'Odyssée[14] à la fois amoureux et adultères, puisque la déesse de l'amour y est mariée à Héphaïstos — celui-ci étant l'époux d'une dénommée Charis dans l'Iliade. Encore une fois, Arès est tourné en ridicule : dénoncés par Hélios, le soleil, les amoureux tombent dans le piège du mari trompé qui les capture dans un filet et les exhibe aux dieux hilares. Honteux, Arès doit se réfugier chez lui, en Thrace.

Selon la Théogonie[15] — où Héphaïstos est l'époux d'Aglaé, l'une des trois Charites — Aphrodite donne à Arès trois enfants : Déimos, Phobos et Harmonie, épouse de Cadmos, le fondateur de Thèbes. La paternité d'Éros et Antéros apparaît pour la première fois chez le poète lyrique Simonide et paraît lui être attribuée plutôt par commodité. Il est aussi vu comme père de Pathos (la passion) et de Himéros (le désir).

Ses autres enfants sont souvent des criminels ou des fous :

Phlégias, qui tente de se venger d'Apollon, lequel vient de tuer sa fille Coronis ;
Térée, persécuteur de Procné et de Philomèle ;
Diomède, qui nourrit ses cavales de chair humaine ;
Cycnos, qui défie en duel Héraclès.

[modifier] Lieux de culte

Statue d'Arès, villa HadrianaSa résidence préférée est la Thrace — les Thraces, pour les Grecs, étaient un peuple guerrier et batailleur. Il est révéré par les peuples de Colchide et de Scythie. En Grèce, il n'a que peu de lieux de culte. Une fontaine lui est consacrée à Thèbes, en souvenir de la légende de Cadmos, qui avait semé là les dents d'un dragon, fils d'Arès, qui donnèrent naissance aux Spartes. Par la suite, Cadmos fait la paix avec Arès en épousant Harmonie, fille du dieu et d'Aphrodite, avant de fonder Thèbes. La métaphore est claire : la fin des guerres apporte l'ordre et l'harmonie, et permet la fondation de la cité[16].

C'est surtout à Sparte qu'il fait l'objet d'un culte. Les éphèbes lui sacrifient un chien à Thérapné, en Laconie. À Géronthrai, située au nord d'Hélos, toujours en Laconie, il est célébré dans des fêtes excluant les femmes. À Sparte même, un sanctuaire lui est dédié sous le nom d'Arès Théritas, c'est-à-dire « le sauvage », épiclèse parfois rattachée à Théra, sa nourrice.

En Attique, il possède un sanctuaire à Acharnes. Une stèle, actuellement conservée à l'École française d'Athènes, reproduit sans doute la statue du culte. Au Ier siècle, le sanctuaire est transféré sur l'Agora d'Athènes et une nouvelle statue est érigée, dont l'Arès Borghèse est sans doute une copie.

À Tégée, en Arcadie, les femmes le célèbrent dans des fêtes qui leur sont réservées, et commémorent leur vaillance contre les Spartiates. Près de Trézène, un sanctuaire lui est consacré en souvenir des Amazones, ses filles. À Athènes, il est vénéré en association avec Aphrodite. Enfin, il a des temples à Argos et Salamine.

Au total, sa place dans la religion grecque antique est bien loin d'égaler celle de Mars chez les Romains.

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# Posté le mardi 29 avril 2008 17:12

Modifié le mercredi 30 avril 2008 17:04

appolon

appolon
Apollon (en grec ancien Ἀπόλλων / Apóllôn, en latin Apollo) est le dieu archer grec de la clarté solaire, de la raison, des arts et plus précisément de la musique et de la poésie. Il est également dieu des purifications et de la guérison, mais peut apporter la peste avec son arc ; enfin, c'est un des principaux dieux capables de divination, consulté, entre autres, à Delphes, où il rendait ses oracles par la Pythie. Il a aussi été honoré par les Romains, qui l'ont adopté très rapidement sans changer son nom. C'est peut-être le dieu qui a le plus été adoré dans toute la mythologie gréco-romaine et l'un des plus complexes à cerner. Le fait qu'il soit parfois suivi de muses explique son second nom, le musagète (celui qui conduit les muses).

« On peut dire, sans outrance, qu'Apollon reflète pour les Grecs le génie artistique de leur pays, l'idéal de la jeunesse, de la beauté, et du progrès. »


Apollon et sa s½ur Artémis, médaillon d'une coupe de Brygos et du Peintre de Briséis, v. 470 av. J.-C., musée du LouvreApollon est le fils de Zeus (Jupiter pour les Romains) et d'une Titanide, Léto (Latone pour les Romains). Sa s½ur jumelle est Artémis (Diane pour les Romains).

L'un des Hymnes homériques raconte en détails son histoire : Héra (Junon pour les Romains), jalouse d'une nouvelle infidélité de son divin époux, avait interdit à la Terre de recevoir Léto, enceinte d'Apollon et de sa s½ur. Celle-ci errait donc en vain à la recherche d'un lieu qui l'accueillerait. Seule l'île d'Ortygie ou Astérie, qui n'était pas fixe, put l'accepter, car son statut de terre flottant sur les eaux n'en faisait ni une île au sens propre ni une zone terrestre. Léto lui promit d'en faire une île fixe et purifiée ; celle-ci ne put cependant mettre au monde ses jumeaux et souffrit pendant neuf jours et neuf nuits des douleurs de l'enfantement ; en vain : Héra retenait subtilement Ilithyie, qui préside aux accouchements. D'autres déesses, cependant, envoyèrent Iris, la messagère des dieux, afin qu'elle libérât Ilithyie de l'attention d'Héra, ce qu'elle fit. Léto put enfin accoucher, d'abord d'Artémis, qui l'aida à mettre au monde Apollon. Thémis offrit au nouveau-né le nectar et l'ambroisie et lui transmit de fait le goût de l'équité ; Ortygie, enfin fixe, devint une terre sacrée, sur laquelle nul ne pouvait naître ou mourir et prit le nom de Délos, c'est-à-dire « la visible » (voir à religion grecque antique, section « Le pur et l'impur »).

Apollon, par sa grande beauté, ne manqua pas d'éveiller la passion dans les c½urs des jeunes grecques, des nymphes de l'Olympe, et des jeunes bergers d'Arcadie. Ainsi, de la nymphe Psamathée, on lui attribue la paternité de Phocos, et du musicien Linos.

De la nymphe Cyrène, il eut un fils, Aristée. Il enleva d'ailleurs Cyrène et la conduisit en Afrique dans la région qui prit le nom de Cyrénaïque. Il épousa la nymphe Coronis, avec qui il eut pour fils le dieu Asclépios. Néanmoins, ayant appris que sa femme avait eu une liaison avec un mortel, il la fit brûler sur un bûcher.

Il épousa en seconde noces la muse Calliope, pourtant femme du roi de Thrace ¼agre. Il lui donna trois fils : Hymenoes, dieu des mariages, Orphée, musicien talentueux aux nombreux exploits, et Ialenos.

Il eut aussi des liaisons extraconjugales avec Créüse, princesse athénienne, avec qui elle eut Ion, avec Idothée dont il eut un fils Eusinos, avec Thya, dont il eu Delphos, et avec les jeunes garçons Cyparisse et Hyacinthe.


[modifier] Origines
Georges Dumézil, Apollon sonore et autres essais. 25 esquisses de mythologie, Paris, Gallimard 1982 et 1987.


[modifier] Une divinité asiatique ?

Apollon citharède versant une libation, médaillon d'une coupe attique à fond blanc attribuée au Peintre de Pistoxénos, musée archéologique de DelphesLa thèse d'une origine asiatique d'Apollon et d'Artémis a été soutenue, plutôt au début du XXe siècle, par des grands noms de l'hellénisme tels que Martin Persson Nilsson en 1911 ou Ulrich von Wilamowitz-Moellendorff en 1903. Pour les Grecs « asiatique » signifiait « d'Asie Mineure ». Le nom même de Léto pourrait venir du lycien, un dialecte indo-européen parlé autrefois en Anatolie, et signifierait, sous la forme Lada, « femme ». L'une des épiclèses d'Apollon, Apollon Lycien, conforte cette hypothèse. De même, l'arme d'Apollon et de sa jumelle, l'arc, n'est pas grec mais barbare (au sens grec : tous les peuples qui ne parlent pas le grec) ; il porte de plus, comme sa s½ur, non pas des sandales, à l'instar des autres dieux, mais des bottines, type de chaussure considérée comme asiatique par les Anciens. En outre, il est, dans l'Iliade d'Homère, du côté des Troyens, peuple asiatique, et le rejet que subit Léto, que nulle terre grecque n'accepte, conforterait l'idée d'un dieu étranger. C'est paradoxalement peut-être le dieu le plus grec de tous, et son adoption rapide par les peuples hellènes a vite dissimulé ses origines lointaines.

Il est aussi possible que ses origines remontent au peuple dorien du Péloponnèse, lequel honorait un dieu nommé Ἀπέλλων / Apéllôn, protecteur des troupeaux et des communautés humaines ; il semblerait que le terme vienne d'un mot dorien, ἀπέλλα / apélla, signifiant « bergerie » ou « assemblée ». L'Apellon dorien serait une figure syncrétique de plusieurs divinités locales pré-grecques, de même que l'Apollon grec est la fusion de plusieurs modèles, dont Apollon ; il est d'ailleurs remarquable que son épithète de Lycien puisse être comprise comme « qui vient de Lycie » ou « qui protège des loups », c'est-à-dire que les deux origines, l'une asiatique et l'autre dorienne, se confirment en un seul terme.

Lorsque son culte s'introduit en Grèce, il est déjà honoré par d'autres peuples pré-hellènes, ce que l'Hymne homérique qui lui est destiné indique en signalant que les Crétois étaient ses premiers prêtres. Son premier lieu de culte est bien sûr Délos, capitale religieuse des Ioniens ; c'est sous Périclès, au Ve siècle av. J.-C., que l'île passe aux mains des Athéniens, qui confortent son caractère de sanctuaire inviolable en y faisant interdire toute naissance et toute mort. Le culte d'Apollon s'était entre-temps répandu partout dans le monde Antique, de l'Asie Mineure (le sanctuaire de Didymes, près de Milet, en porte la trace flagrante : c'est l'un des plus grands temples jamais bâtis dans la zone méditerranéenne) à la Syrie, sans parler des innombrables temples qui lui sont dédiés en Grèce même.


[modifier] Une divinité gréco-celtique ?

Apollon de Lillebonne, bronze doré gallo-romain du IIe siècle, musée du LouvreAu rebours de la thèse traditionnelle, Bernard Sergent, spécialiste de mythologie comparée, s'attache à montrer dans Le livre des dieux. Celtes et Grecs, II (Payot, 2004) l'identité d'Apollon et du dieu celtique Lug. Pour lui, le dieu n'est pas asiatique mais gréco-celtique, et par-delà, indo-européen. Il remonte au moins à la séparation des ancêtres des Celtes et des Grecs, au IVe millénaire av. J.-C., et il est arrivé « tout d'un bloc » en Grèce : ce n'est pas une divinité composite. Il possède des homologues en domaine germanique (Wotan) ou indien (Varuna).

Apollon serait la version divine du roi humain. Les poèmes homériques lui donnent systématiquement l'épithète anax, qui remonte à la désignation mycénienne du roi, wanax. Or le roi indo-européen est rattaché aux trois fonctions définies par Georges Dumézil, d'où la complexité d'Apollon : il remplit toutes les fonctions que puisse avoir un dieu. La définition de Lug donnée par C.-J. Guyonvarc'h et F. Le Roux peut aussi bien s'appliquer à lui : il est « tous les dieux résumés en un seul théonyme ».

B. Sergent compare une à une toutes les caractéristiques connues de Lug et d'Apollon et relève de nombreux points communs : ce sont des dieux lumineux, jeunes, beaux, grands, mais parfois polycéphales et hermaphrodites, pratiquant des épiphanies, des rapides disposant d'une puissance foudroyante, de très grands « druides », des guerriers, des protecteurs des troupeaux, des maîtres des moissons, associés aux arbres, des maîtres du temps, des médecins, les maîtres des fondations, les responsables des défrichements et des chemins, les protecteurs des assemblées, les maîtres des initiations, des méchants, des rusés, des maîtres des techniques, des maîtres tout court, des dieux des hauts lieux et des grosses pierres.

Leurs attributs communs sont l'arme de jet, l'instrument à cordes, le corbeau, le roitelet, « l'aigle pourri », le cygne, le coq, le héron et la grue, le chien et le loup, le cerf, le sanglier, le serpent et la tortue, l'ours, le dauphin, le phoque, le poisson, le cheval, la pomme et la branche nourricière, les nombres trois, sept et neuf, la danse en rond sur un pied, la pourriture.

Ils sont également rattachés à des mythes communs, tels que la naissance, le meurtre des géants borgnes, la succession de Terre (Gaïa ou Thémis en Grèce, Tailtiu en Irlande) ou la fondation de jeux.

Par ailleurs, selon B. Sergent, le culte d'Apollon ne s'est fixé en Lycie qu'au IVe siècle av. J.-C.. Auparavant, les Grecs ont pu faire des « jeux de mots » entre le nom de la Lycie (Lukia en grec) et les épithètes Lukeios, Lukios, Lukêgenès d'Apollon, qui se rapportent au loup (lukos), l'un des attributs d'Apollon, ou à la lumière (lukê). Il serait Lukê-genès, comme le dit l'Iliade, parce qu'il serait « né de la lumière » et non pas « né en Lycie ».

C'est surtout à Delphes que le caractère complexe du dieu se révèle, dans son rôle d'inspirateur de la Pythie et des hommes, qu'il révèle à soi.


[modifier] Le dieu-loup?
Dans Apollo the Wolf-god[1], Daniel E. Gershenson voit en Apollon un dieu d'origine indo-européenne, dont les attributs principaux seraient rassemblés dans l'expression Apollon dieu-loup. Cet auteur s'inscrit dans la lignée des travaux de Louis Gernet Dolon le loup et de Henri Jeanmaire Couroï et Courètes.

Par là, il faut entendre non pas le culte de l'animal en lui-même, mais de son symbolisme de loup mythique, lequel n'est autre que le vent considéré tant par ses vertus bénéfiques que destructrices. Les vents, comme Zéphyr le vent-loup, peuvent être favorables aux semences, mais sont aussi tenus pour issus des cavernes et cette origine souterraine les mets en relation avec les Enfers. Le vent est ainsi le passage entre le chaos et le cosmos.

Ceci explique le rôle de la divinité comme tuteur des éphèbes, de jeunes guerriers qui accomplissent leur initiation d'adultes, sa fonction de protecteur du grain semé et enfin sa qualité de dieu de la prophétie qui révèle les mystères et initie les musiciens et les poètes. Le Lycée (Λύκειον / Lykeion) rendu célèbre par Aristote est placé dans un gymnase jouxtant le temple d'Apollon Lykeios. Apollon Lykeios, le dieu-loup, serait le maître des passages, dieu qui transforme les forces chaotiques des confréries de loups-garous de l'adolescence vers l'âge adulte, qui dévoile par la prophétie ou la Pythie le monde caché vers le découvert.

Gershenson présente de nombreux témoignages dans le monde européen qui pourraient montrer que ce dieu-loup et dieu-vent remonte à une période antérieure à la séparation des peuples européens qui ont pénétré en Europe centrale et méridionale. Ses déductions ont été confirmées plus tard par Bernard Sergent, un auteur qui a notamment souligné le lien d'Apollon avec les loups et son rôle joué dans les initiations, ainsi que son origine indo-européenne. Apollon est particulièrement associé à Borée, le Vent du Nord. Lug, son équivalent celtique, est un « chevaucheur de tempêtes ». Sergent a cependant accusé Gershenson de donner une vision trop réductrice d'Apollon, ce dieu ayant une personnalité beaucoup plus riche que celle décrite dans cette thèse


[modifier] Synthèse de plusieurs mythologies
Dans l'Iliade, Apollon est décrit comme un dieu lunaire: son arc est d'argent, couleur liée à la nuit et à la lune. Ensuite, de multiples évolutions l'amèneront à devenir un dieu solaire (son épithète Phoebus, la lumière), son arc et ses flèches renvoient d'ailleurs aux rayons solaires. Toujours dans les poèmes homériques, il y est perçu comme un dieu-vengeur, menaçant, porteur de peste. Dans le chant I de l'Iliade, ses surnoms sont les suivants : toxophore, Seigneur archer, argyrotoxos, à l'arc d'argent, ... Cette attitude vengeresse est accompagné de traits de caractère belliqueux : Homère l'y décrit comme un dieu orgeuilleux, emporté par ses sentiments et par la violence. Rappellons que les poèmes Homériques (L'Iliade) écrits dans le IX siècle avant Jésus-Christ narrent une histoire antérieure de près de 4 siècles (Troie a été détruite dans les années 1280 ACN). Le dieu Apollon n'a pas encore subi les influences qui l'amèneront à devenir le dieu complexe qu'il est dans la Grèce classique.

Egalement, initalement, Apollon était perçu comme un dieu agraire en tant que dieu-rat, même s'il porte le titre de Smintheus (tueur de souris), montrant là sa capacité à amener une maladie, en l'occurence la peste, et à la guérir. En outre, Apollon était également doté d'attributions paradoxales telles que "maître des fauves" et "berger".

Le Dictionnaire des Symboles, publié chez Robbert Laffont, dit de lui :"Réunissant des éléents divers, d'origine nordique, asiatique, égéenne, ce personnage divin devient de plus en plus complexe, synthétisant en lui nombre d'oppositions, qu'il parvient pour finir en un idéal de sagesse, qui définit le miracle grec. Il réalise l'équilibre et l'harmonie des désirs, non en supprimant les pulsions humaines, mais en les orientant vers une spiritualisation progressive, grâce au développement de la conscience".


[modifier] Hauts faits
La fondation de Delphes est sans doute le plus important de ses hauts faits. Après sa naissance, Apollon quitta Délos pour la contrée des Hyperboréens, peuple mythique du Septentrion, près de qui il séjourna un an (il y revint périodiquement à la suite). De retour, il décida de faire de Delphes son prochain sanctuaire. Le lieu, en effet, était censé être le centre de l'Univers (voir l'article consacré à Delphes), mais il était aux mains d'anciennes puissances chtoniennes : Gaïa (ou Thémis) y était honorée, et un serpent fabuleux, la Δράκαινα / drákayna y résidait. Selon une autre version, Apollon pourchassa le serpent Python pour se venger, ce dernier ayant tourmenté sa mère Léto durant sa grossesse. Après avoir tué le serpent et supplanté Gaïa, il fit de Delphes son territoire. La dépouille du serpent devint Πυθώ(ν) / Pythố(n), peut-être « la pourrissante » (d'où notre python) et Apollon prit le titre de Pythien, comme le fit la prophète Pythie (à cet égard, il importe de remarquer que l'oracle est, encore une fois, lié aux forces telluriques ; il est aussi notable qu'en d'autres sanctuaires qui lui sont dédiés, comme à Claros en Ionie (Turquie), Apollon a remplacé des divinités chtoniennes qui y étaient adorées). À l'issue de ce meurtre, Apollon dut se purifier avec l'eau du Tempé, afin de se laver de la souillure (voir à religion grecque antique, section « Le pur et l'impur ») et confirma son rôle de dieu des purifications.

Ayant besoin de sectataires, il se métamorphosa en dauphin et détourna un navire crétois qui passait près de là pour en attirer les passagers, les prêtres signalés plus haut, dans son sanctuaire. C'est ainsi que la ville prit réellement son nom de Delphes (Δελφοί / Delphoí), dérivé de δελφίς / delphís, « dauphin » (lequel terme français nous vient du grec par le latin).


[modifier] Apollon-Phébus

Apollon-Hélios étrusque en terre cuite polychrome provenant de Falerii, fin du IVe ou début du IIIe siècle av. J.-C., musée national étrusque de la villa GiuliaApollon est aussi parfois appelé Phébus (ou Ph½bus, Φοῖϐος / Phoĩbos, en grec ancien). Les poèmes homériques le nomment souvent « Phébus Apollon ». De fait, certains livres et manuels en concluent bien vite qu'Apollon et Phébus sont les mêmes personnes. Ce n'est qu'à moitié vrai. En réalité, Apollon enfant, très joueur, avait subtilisé les foudres de Zeus et foudroya le char du Soleil. En punition, il reçut la tâche de conduire le char et devenait donc Phébus, le « dieu soleil ». Apollon et Phébus sont donc la même personne, mais ils ne possèdent, en tant que dieux, ni les mêmes attributs, ni le même domaine.
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# Posté le mardi 29 avril 2008 17:10

Modifié le mercredi 30 avril 2008 16:59

Aigle du Caucase

Aigle du Caucase
Dans la mythologie grecque, on désigne par le nom d'aigle du Caucase le rapace qui, sur l'ordre de Zeus, rongeait chaque jour le foie de Prométhée alors que celui-ci était enchaîné. Ce dernier subissait ce calvaire pour avoir donné le feu aux hommes. L'aigle du Caucase passait pour le fils de Typhon et d'Échidna. Il fut tué par Héraclès, qui délivra ensuite Prométhée.

Chez Hygin, il porte le nom d'Éthon (aethonem aquilam, « l'aigle Éthon »), cependant ce nom n'est cité chez aucun autre auteur.

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# Posté le mardi 29 avril 2008 17:04

Modifié le mercredi 30 avril 2008 18:26

cyclopes

Les Cyclopes forment une race de créatures fantastiques dans la mythologie grecque. Ce sont des géants n'ayant qu'un ½il au milieu du front. Le mot est une transcription du grec κύκλωψ / kýklôps, qui vient de κύκλος / kýklos (« la roue », « le cercle ») et de ὤψ / ôps (« ½il »), que l'on pourrait traduire par « ½il rond ». Selon Hellanicos, les Cyclopes tirent leur nom de leur père, Cyclope, fils d'Ouranos.
Mythe
Les légendes qui les concernent sont contradictoires : il ne faut pas les confondre avec les Géants, nés du sang d'Ouranos et tués lors de la gigantomachie ; il faut aussi veiller à distinguer plusieurs races successives : ouraniens, forgerons, bâtisseurs et pasteurs (seuls les cyclopes ouraniens et pasteurs sont mentionnés par Homère).

Cyclopes ouraniens
Ces cyclopes sont les enfants d'Ouranos (le Ciel) et de Gaïa (la Terre). Leur nom devient synonyme de force et de pouvoir et désigne des armes exceptionnellement bien travaillées.

Ils sont trois : Brontès (Tonnerre), Stéropès (Éclair) et Argès (Foudre). Ouranos, effrayé par leur force, les enferme dans le Tartare. Plus tard, leur frère Cronos les libère, ainsi que les Hécatonchires et les Géants. Ils l'aident à renverser et à castrer Ouranos, mais Cronos, redoutant à son tour d'être vaincu par eux, les renvoie dans le Tartare où ils restent jusqu'à leur libération par Zeus. Reconnaissants envers ce dernier, ils fabriquent le foudre que Zeus utilise comme arme pour renverser Cronos et les autres Titans. Argès ajoute la lueur, Brontès l'orage et Stéropès les éclairs. Ces armes de foudre deviennent les armes de prédilection de Zeus grâce auxquelles il peut vaincre Cronos et les Titans, et devenir le maître de l'Univers.

Ces cyclopes créent aussi le trident de Poséidon, l'arc et les flèches d'Artémis et la kunée d'Hadès (casque qui rend son porteur invisible et que l'on retrouve dans plusieurs légendes).

Dans une version du mythe, les Cyclopes sont tués par Apollon après que Zeus a tué son fils, Asclépios, avec l'arme forgée par les Cyclopes, alors que ce dernier avait ramené à la vie plusieurs morts.

Selon Phérécyde de Syros (in Fragments d'histoire grecque, Jacoby), ce ne sont pas les cyclopes mais leurs fils qu'Apollon anéantit pour se venger de la mort d'Asclépios.

Cyclopes forgerons
Ces cyclopes servent d'aides àCyclopes bâtisseurs
Un groupe de cyclopes au service du roi Proétos construit les murs de la cité de Tirynthe, la ville natale d'Héraclès. Ces murailles sont qualifiées de cyclopéennes. Ils construisent aussi les murs de Mycènes et la porte des Lions. Ils ont un sanctuaire dans l'isthme de Corinthe.

Ces cyclopes sont appelés encheirogasteres (« ceux qui ont des mains au ventre »), car ils travaillent pour gagner leur vie.

Héphaïstos. On connaît les noms de deux d'entre eux, Acamas et Pyracmon.Cyclopes pasteurs

Paysage avec Polyphème, par Nicolas Poussin (1649)
Une malformation congénitale pourrait être une des origines du concept de cyclopeLes Cyclopes pasteurs incarnent une génération tardive, loin d'être aussi brillante que les précédentes. Ils se contentent de vivre de l'élevage en Sicile. Le terme « Cyclope » se réfère alors habituellement à l'un des représentants de cette race de Cyclopes dont le mieux mis en valeur par Homère est le fils de Poséidon et de Thoosa : Polyphème. Il existe aussi Télémus.

Chez Homère et Virgile, les Cyclopes, fils de Poséidon, sont des géants sauvages et cannibales, ne craignent ni les dieux ni les hommes. Ils vivent en élevant des moutons, notamment dans l'île de Trinacrie (Sicile).

Euripide met également en scène le Cyclope Polyphème dans son drame satyrique intitulé Le Cyclope en réunissant deux épisodes mythologiques distincts. En effet, Ulysse aborde bien sur l'île comme dans le chant 9 de l'Odyssée, mais au lieu de rencontrer d'abord Polyphème, il tombe nez à nez sur les Satyres et le vieux Silène, qui après avoir échoué sur le rivage se sont retrouvés esclaves de Polyphème et obligés de faire paître ses troupeaux.

Cette catégorie de Cyclopes ne se limite pas à la mythologie grecque, puisqu'on en retrouve des exemples dans les Pyrénées, avec le Tartaro, les Bécuts, Ulhart (Pyrénées et Alpes), dont l'essentiel des récits correspond d'assez près aux démélés de Polyphème avec Ulysse.


[modifier] Origines
On connaît leur penchant pour le travail des métaux : certains spécialistes pensent donc que la légende des cyclopes provient de forgerons qui portaient réellement une protection sur un ½il, de peur d'être aveuglés en cas de projection d'escarbilles brûlantes. Les forgerons portaient également des tatouages en l'honneur du soleil, ce qui pourrait être une autre origine du mythe.

La génération des cyclopes pasteurs est clairement différenciée des précédentes. Ils sont très probablement des additions tardives au Panthéon et n'ont pas ou peu de relations avec les forgerons.

On pense aussi souvent que les légendes associées à Polyphème ne sont pas vraiment issues du mythe des cyclopes mais n'y ont été associées que par l'inclusion de Polyphème dans l'Odyssée par Homère. Polyphème pourrait avoir été un démon local ou une sorte de monstre. Les triomates des légendes crétoises pourraient en être la véritable origine — ils étaient une race rurale d'ogres se nourrissant de chair humaine et qui portaient un troisième ½il à l'arrière de la tête. Cet ½il excepté, ils ressemblent beaucoup aux cyclopes d'Homère.

Une autre source possible des légendes sur les cyclopes pourrait être la présence de crânes préhistoriques de proto-éléphants trouvés par les Grecs (on en rencontre encore aujourd'hui) en Crète. La large cavité nasale (pour la trompe) qui est très visible au centre du crâne aurait été confondue avec une orbite oculaire de grande taille. Étant donné le peu d'éléphants vivants que les habitants pouvaient rencontrer, ils avaient peu de chance de reconnaître l'origine exacte du crâne.

Mais l'explication la plus vraisemblable est celle d'une origine indo-européenne du mythe. Les langues des Grecs, des Celtes et de tous les autres peuples indo-européens étaient issues d'une même langue-mère. Il est donc naturel de penser que ces peuples avaient des mythes communs remontant à un très lointain passé. Dans les croyances irlandaises, on trouve des créatures appelées les Fomoire, qui n'avaient qu'un ½il, qu'un bras et qu'une jambe et qui vivaient sur des îles périphériques. Leur roi était Balor. De ces caractéristiques, les Grecs n'ont retenu que l'unicité de l'½il. Dans les croyances des Ossètes, peuple de langue iranienne, figurent des ogres à un ½il.


[modifier] Malformation congénitale
L'holoproencéphalie est une malformation congénitale du cerveau et de la face. Elle existe à des degrés divers et résulte en une séparation incomplète entre les deux hémisphères du cerveau et parfois entre les deux yeux. Il est aisé d'imaginer que la naissance d'un bébé présentant de telles malformations ait pu être la source de légendes terrifiantes.




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# Posté le mardi 29 avril 2008 17:02

Oiseaux du lac Stymphale

Dans la mythologie grecque, les oiseaux du lac Stymphale (en grec ancien Στυμφαλίδες όρνιθες / Stumphalídes órnithes) étaient des oiseaux monstrueux, se nourrissant de chair humaine (selon une des versions), qui infestaient les bois entourant le lac Stymphale, en Arcadie, utilisant les pointes acérées de leurs plumes de bronze (selon encore une des nombreuses versions) comme flèches, pour tuer hommes et bêtes et les dévorer. Certaines légendes racontent qu'ils avaient juste les griffes et le bec d'airain.

Afin de réaliser l'un de ses douze travaux, Héraclès les effraya au moyen d'un gong de bronze fabriqué par Héphaïstos, transperça de ses flèches un certain nombre d'oiseaux, puis chassa le reste. Une autre légende raconte qu'Héraclès commença d'abord par les tuer à l'aide de ses flèches, mais ils étaient tellement nombreux et se reproduisaient si vite, qu'à la fin de la journée Héraclès n'avait plus de flèches et que les oiseaux étaient plus nombreux que dans la matinée. Héraclès, dans un mouvement de rage, frappa alors son épée contre son bouclier, ce qui fit fuir les oiseaux. Il continua jusqu'à ce que tous les oiseaux tombent dans le lac et se noient.

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# Posté le mardi 29 avril 2008 16:52