Héphaïstos

Héphaïstos
Dans la mythologie grecque, Héphaïstos ou Héphaistos (en grec ancien Ἥφαιστος / Hêphaistos) est le dieu du feu, des forges et des volcans. Il est habituellement représenté sous les traits d'un forgeron boiteux, mais il est d'abord un inventeur divin et un créateur d'objets magiques. Dès Homère, son nom est utilisé par métonymie pour désigner le feu.

Il est assimilé par les Romains à Vulcain (parfois appelé Mulciber).
Héphaïstos est unanimement présenté comme le fils d'Héra[1], mais il n'est pas clair qu'il ait eu un père. Homère en fait le fils de Zeus[2] et Cinéthon celui de Talos, un Géant de bronze[3], mais dans la version majoritaire[4], Héra, jalouse du fait que Zeus ait engendré seul Athéna[5], et pour lui montrer qu'elle pouvait se passer de lui, engendre seule Héphaïstos[6]. Lorsqu'elle lui donne le jour, elle le trouve si boiteux qu'elle le jette en bas de l'Olympe[7]. Il tombe alors dans la mer et est recueilli par Thétis et Eurynomé, qui l'élèvent pendant neuf ans, à l'insu de tous, dans une grotte de l'île de Lemnos, où il fait son apprentissage d'artisan en façonnant des bijoux[8]. Pour se venger de sa mère, Héphaïstos fabrique un trône d'or aux bras articulés, qui emprisonne quiconque s'y assoit, et l'envoie dans l'Olympe en guise de présent[9]. Héra s'y installe imprudemment et se trouve immobilisée, sans que nul ne sache comment la délivrer. Les dieux confient d'abord à Arès le soin d'aller chercher Héphaïstos, en vain[10]. Enivré par Dionysos, Héphaïstos se laisse fléchir et revient dans l'Olympe délivrer sa mère. Zeus, soulagé, propose au dieu forgeron d'exaucer l'un de ses v½ux : sur le conseil de Poséidon, Héphaïstos demande la main d'Athéna[11] – requête à laquelle, visiblement, il n'est pas donné suite ; de son côté, Dionysos, auréolé de sa réussite, obtient d'entrer dans l'assemblée des dieux[12].

Une autre légende se rattache à l'infirmité du dieu : Héphaïstos prend le parti de sa mère lors d'une querelle entre Zeus et celle-ci ; il reproche à son père de l'avoir laissée suspendue dans les airs, une chaîne d'or au poignet et une enclume à chaque cheville[13]. Furieux, Zeus saisit Héphaïstos par un pied et le précipite du haut de l'Olympe[14]. La chute du dieu dure une journée entière ; il atterrit sur l'île de Lemnos, dont les habitants, les Sintiens, le recueillent et le soignent. Le récit semble contradictoire avec celui où Héra se débarrasse d'Héphaïstos de la même façon[15], mais il pourrait s'agir de deux incidents séparés[16].


[modifier] Amours et descendance

Naissance d'Érichthonios : Gaïa tend le nouveau-né à Athéna, sous les yeux d'Héphaïstos, stamnos d'Hermonax, v. 470-460 av. J.-C., Staatliche AntikensammlungenD'après l'Iliade[17], Héphaïstos est marié à l'une des Charites (ou Grâces), qui porte simplement le nom de Charis (littéralement « Grâce »)[18]. Il en va de même dans la Théogonie (v. 907), mais Hésiode cite explicitement le nom d'Aglaé, la plus jeune des Charites. Cependant la tradition la plus populaire en fait le mari d'Aphrodite, cette version étant d'ailleurs déjà attestée dans un épisode fameux de l'Odyssée (chant VIII), où il tend un piège à sa femme qui le trompe avec Arès, et devient la risée des dieux. Dans les deux cas, le dieu épouse une incarnation de la beauté : il peut s'agir d'un simple contraste comique entre la belle et le boiteux, ou d'une réflexion plus profonde sur le rapport étroit entre l'artisan/artiste et la beauté[19].

Contrairement à d'autres dieux, Héphaïstos n'est guère renommé pour ses aventures extra-maritales. On sait cependant qu'après avoir été abandonné par Aphrodite, il poursuit de ses avances Athéna : son sperme se répand sur la cuisse de la déesse qui l'essuie avec de la laine (ἔριον / érion) qu'elle jette à terre (χθών / khthốn) ; la terre ainsi fécondée donne naissance à Érichthonios, qu'Athéna recueille et élève[20]. De ce fait, on trouve parfois l'expression « enfants d'Héphaïstos » pour désigner les Athéniens[21].


Sa descendance est peu nombreuse. On lui attribue notamment la paternité de :

la nymphe Cabiro[22], dont descendent les Cabires — une autre version fait d'Héphaïstos le père de ces derniers, qu'il a de Cabiro, et non leur grand-père[23] ;
l'infirme Palémon, l'un des Argonautes[24] ;
le brigand Périphétès (surnommé Corynétès), tué par Thésée sur la route d'Athènes[25].
Hygin mentionne également Philammon, Cécrops, Cercyon (lui aussi tué par Thésée sur la route d'Athènes), Philottos et Spinther[26].


[modifier] Artisan
Très habile dans son art, Héphaïstos façonne des armes remarquables, comme celles d'Achille[27], dont le bouclier offre une représentation parfaite du monde, celles de Memnon[28], la cuirasse de Diomède[29] ou encore les cnémides d'Héraclès[30]. Il fabrique aussi :

la ceinture d'Aphrodite,
le char du Soleil,
le palais des dieux sur l'Olympe[31],
Pandore, la première femme[32], le trident de Poséidon,
les flèches d'Artémis et d'Apollon,
le collier d'Harmonie,
le trône de Zeus et d'Héra,
le foudre et l'égide de Zeus,
le sceptre de Pélops[33], etc.

[modifier] Autres aventures

Héphaïstos, d'un coup de hache, fait jaillir Athéna du crâne de Zeus, exaleiptron du Peintre C, v. 570-560 av. J.-C., musée du LouvreHéphaïstos prend part à la Gigantomachie et combat armé du feu dévorant[34] : il tue ainsi Mimas en le recouvrant de fer en fusion[35]. Il se range aux côtés des Achéens dans la guerre de Troie[36]. Lorsqu'au début de l'Iliade Zeus et Héra se querellent parce que le roi des dieux a promis à Thétis d'avantager les Troyens, Héphaïstos détend l'atmosphère en remplaçant Ganymède dans son office d'échanson : voyant le dieu boiteux prendre la place du gracieux jeune homme, les dieux éclatent tous d'un rire inextinguible[37]. Il intervient rarement dans la bataille, si ce n'est pour secourir Idaios, l'un des fils de son prêtre Darès, menacé par Diomède[38]. Par la suite, à la demande de Thétis, il sauve Achille des eaux du Scamandre en assèchant par ses flammes le dieu-fleuve[39].

Il est associé dans certaines versions du mythe à la naissance d'Athéna[40] : d'un coup de sa hache de bronze, il fait jaillir la déesse toute armée du crâne de Zeus.

Certains auteurs font également d'Héphaïstos le gardien du feu, que Prométhée dérobe pour le donner aux humains[41]. À la demande de Zeus, Héphaïstos enchaîne le voleur au rocher de son supplice, où un aigle viendra tous les jours lui dévorer le foie. Dans cette scène représentée par Eschyle[42], le dieu, plein de pitié, regrette l'ordre donné par son père, et plaint le Titan pour les souffrances qu'il va endurer.

Un mythe minoritaire veut qu'il dispute à Déméter la souveraineté de la Sicile[43] ; de la nymphe Etna, qui habite le volcan du même nom, il a les Palikes, des démons des sources chaudes[44]. Quoi qu'il en soit, il installe sa forge dans le volcan où il travaille, aidé par les Cyclopes. Il veille ainsi au châtiment de Typhon, que Zeus a foudroyé et qui gît, inerte, sous les racines de la montagne[45].


[modifier] Culte
L'importance du travail de la forge dans les civilisations de l'âge du bronze et à l'âge du fer explique que le personnage du forgeron ait été étroitement associé au pouvoir politique et à la religion. Ainsi, à Citium (actuelle Larnaca à Chypre), un culte est rendu au XIIe siècle av. J.-C. à des divinités du lingot de cuivre, particulièrement abondant sur l'île ; de même, il existe un lien direct entre les forges et le sanctuaire[46]. Le nom d'Héphaïstos à proprement parler semble avoir déjà existé sous la forme a-pa-i-ti-jo[47] à l'époque mycénienne.

Le travail de la forge perd de son importance à l'époque archaïque, puis classique. Le culte d'Héphaïstos est donc peu répandu. Il est vénéré principalement à Lemnos, Athènes et dans le Sud de l'Italie. La première, dont la mythologie fait la résidence du dieu, a pour capitale Héphaïstias, habitée jusqu'au VIe siècle av. J.-C. par une population non-grecque que les Grecs appellent Tyrséniens[48]. Elle accueille une fête de purification où le feu nouveau est allumé, puis distribué aux artisans[46].


Le temple d'Héphaïstos à AthènesÀ Athènes, l'importance du rôle joué par Héphaïstos s'explique par sa tentative de viol d'Athéna et la naissance d'Érichthonios qui en résulte. Platon lui attribue une souveraineté commune avec Athéna sur la cité de l'Attique :

« Héphaïstos et Athéna qui ont la même nature, et parce qu'ils sont enfants du même père, et parce qu'ils s'accordent dans le même amour de la sagesse (φιλοσοφία / philosophía) et des arts (φιλοτεχνία / philotekhnía), ayant reçu tous deux en commun notre pays, comme un lot qui leur était propre et naturellement approprié à la vertu et à la pensée, y firent naître de la terre des gens de bien et leur enseignèrent l'organisation politique[49]. »

Il possède trois lieux de culte à Athènes :

un autel dans l'Érechthéion, à côté de l'autel de Poséidon et de celui du héros Boutès[50] ;
un grand temple sur la butte du Kolonos Agoraios, qui accueille le culte conjoint d'Héphaïstos et d'Athéna Hephaisteia[51] ;
un autel à l'Académie[52].
À l'instar de Zeus Phratrios et d'Athéna Phratria, le dieu reçoit un sacrifice lors de la fête des phratries, les Apatouries[53]. Il est également à l'honneur de la fête des artisans, les Chalkeia, en même temps qu'Athéna Erganè (« industrieuse »)[54]. Enfin, les Héphaisties lui sont spécialement consacrées[55] ; comme les Panathénées et les fêtes de Prométhée (Προμηθεια), elles comportent une lampadédromie, c'est-à-dire une course aux flambeaux[56] qui fête le feu nouveau.

Enfin, Héphaïstos est vénéré dans le Sud de l'Italie : dans les îles Lipari[57] et la région de l'Etna, où sa forge est située à partir de l'époque classique[58]. Selon Pythéas, les îles sont même le théâtre d'événements miraculeux : il suffit d'y déposer du fer avec un peu d'or en guise de salaire, et l'on reytrouve le lendemain le fer ouvragé de manière remarquable[59].


[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mardi 29 avril 2008 17:37

Modifié le mercredi 30 avril 2008 17:39

Dionysos

Dionysos
Dans la mythologie grecque, Dionysos (en grec ancien Διώνυσος / Diṓnysos ou Διόνυσος / Diónysos) est le dieu des jonctions, des opposés et des ambiguïtés (mort-vie, homme-femme, vin et ses excès, dieu de la traversée de la ténèbre hivernale.). Il est le dieu de l'hiver, de la fête des morts et de son dépassement par la conquête de l'immortalité. Il est le fils de Zeus et de la mortelle Sémélé. Les Romains l'ont assimilé au pâle Bacchus. Selon les listes, il fait partie ou non des douze Olympiens, bien qu'il ne vive pas sur le mont Olympe (c'est essentiellement un dieu errant).

[modifier] Le mythe

Silène portant Dionysos enfant, copie romaine d'un original du second classicisme, musées du VaticanExcitée par la jalousie d'Héra, Sémélé, fille du roi de Thèbes, veut contempler son amant Zeus dans toute sa majesté. Lié par un serment, Zeus ne peut s'y soustraire, et Sémélé, simple mortelle, meurt foudroyée. Zeus alors tire son fils du ventre de sa mère et, s'entaillant la cuisse, y coud l'enfant, pour mener sa gestation à terme.

C'est l'origine de l'expression « être né de la cuisse de Jupiter ». C'est aussi une étymologie proposée pour Dionysos (« deux fois né »). La cuisse pouvant être une désignation euphémique pour les organes sexuels (procédé courant, voir par exemple le français « bas-ventre »), Dionysos pourrait être considéré comme issu directement du sperme (ou de l'urine ?) de Zeus.

Pour le soustraire à la vengeance d'Héra, il est confié à sa tante Ino (s½ur de Sémélé) et à son époux, Athamas. Mais Héra les rend fous et ils tuent leurs enfants. Ino se jette à la mer avec le cadavre d'un de ses fils : ils sont transformés en divinités marines, Leucothée et Palémon. Dionysos est ensuite confié aux nymphes, sous la direction de Silène, sur le mont Nyséion, en Thrace, c'est-à-dire, pour les Grecs, en Asie. Pour échapper à Héra, il est transformé en chevreau.

Il mène une adolescence mouvementée : selon l'Iliade, il est d'abord poursuivi par Lycurgue, puis est fait prisonnier par des pirates tyrrhéniens, auxquels il n'échappe qu'en réalisant d'effrayants prodiges (Hymnes homériques). Son culte excite d'abord les railleries, et il doit châtier les filles d'Éleuthère ainsi que Penthée, roi de Thèbes, pour cela. Dionysos est, avec Apollon, un dieu qui se manifeste par épiphanies (apparitions) : éternel voyageur, il surgit par surprise. Il se présente toujours comme un étranger, courant le risque de ne pas être reconnu.

Désireux d'aller visiter sa mère aux Enfers, Dionysos demande l'aide d'un guide, Prosymnos, qui accepte de lui montrer le chemin en plongeant avec lui dans le lac de Lerne, qui communique avec le royaume d'Hadès. Ce plongeon est associé à de nombreux rites initiatiques en Grèce ancienne, généralement liés au passage de l'adolescence à l'âge adulte, et donc aussi aux amours entre un aîné (éraste) et un cadet (éromène). Prosymnos accepte ainsi d'aider le jeune dieu mais exige en échange que celui-ci, lorsqu'ils seraient de retour, lui accorde ses faveurs. Mais lorsque Dionysos revient des Enfers, Prosymnos, lui, est mort. Le dieu décide de tenir son engagement malgré tout : il taille un morceau de figuier en forme de phallus et s'acquitte de sa dette sur la tombe de Prosymnos[1].

Dans le panthéon grec, Dionysos est un dieu à part : c'est un dieu errant, un dieu de nulle part et de partout. À la fois vagabond et sédentaire, il représente la figure de l'autre, de ce qui est différent, déroutant, déconcertant, anomique.

Le retour de Dionysos chez lui à Thèbes, s'est heurté à l'incompréhension et a suscité le drame aussi longtemps que la cité est demeurée incapable d'établir le lien entre les gens du pays et l'étranger, entre les autochtones et les voyageurs, entre sa volonté d'être toujours la même, de demeurer identique à soi, de se refuser à changer, et, d'autre part, l'étranger, le différent, l'autre.(Jean-Pierre Vernant, « Dionysos à Thèbes », in L'univers, les dieux, les hommes p.190)

Il est rarement associé à la gent olympienne. Il se contente de prendre part à la Gigantomachie, et négocie auprès d'Héphaïstos la libération d'Héra prise au piège par ce dernier.

Alors que Thésée revient de Crète avec Ariane, Dionysos serait tombé amoureux d'elle et aurait obligé Thésée à l'abandonner sur l'île de Naxos. Là, il apparait à Ariane, l'emmène sur l'Olympe et en fait sa femme. Elle est parfois vue comme la mère des Ménades. D'Althée, la reine de Calydon, il a un fils, Méléagre, qui sera adopté par l'époux d'Althée, Oéné. Enfin, Aphrodite lui donne un fils, Priape.


[modifier] Fonctions

Dionysos parlant avec Hermès, un satyre dansant à gauche, vase attique, v. 550-520 av. J.-C., Staatliche Antikensammlungen (Munich)Dionysos est avant tout un dieu de la végétation arborescente et de tous les sucs vitaux (sève, urine, sperme, lait, sang), comme en témoignent ses épiclèses de Φλοῖος / Phloĩos (« esprit de l'écorce ») ou encore de Συκίτης / Sukítês (« protecteur des figuiers »). Il se spécialise ensuite dans la vigne, qu'il est censé avoir donnée aux hommes, ainsi que dans l'ivresse et la transe mystique. Ses attributs incluent tout ce qui touche à la fermentation, aux cycles de régénération. Il est fils de Sémélé, avatar de la déesse phrygienne de la terre, amant d'Ariane, déesse minoenne de la végétation, et le compagnon des nymphes et des satyres. Il est également fréquemment associé au bouc et au taureau, animaux jugés particulièrement prolifiques.

Il est surtout le père de la comédie et de la tragédie (du grec τράγος / trágos, « bouc »). C'étaient au départ des sortes d'« illustrations » du culte, qui se donnaient au théâtre grec au cours des Dionysies, en présence de ses prêtres (comme les mystères que l'on jouait au Moyen Âge sur les parvis des cathédrales). Elles avaient une forme littéraire scandée particulière, le dithyrambe. Les chants et musiques dionysiaques font appel aux percussions et aux flûtes. Ils sont dissonnants, syncopés, provoquent la surprise et parfois l'effroi. En ce sens, il est l'antithèse d'Apollon, qui patronne l'art lyrique et l'harmonie. D'ailleurs les flûtistes (aulètes) étaient perçus comme des bateleurs et non des musiciens, car l'usage de l'instrument déformait leur bouche, ce qui heurtait l'esthétique grecque et donnait lieu à des plaisanteries.

Dionysos, dieu de l'ivresse et de l'extase est celui qui permet à ses fidèles de dépasser la mort. Le vin, comme le soma védique, est censé aider à conquérir l'immortalité.

Jane Ellen Harrison[2] signale que Dionysos dieu du vin (boisson des couches aisées) s'est substitué tardivement à Dionysos dieu de la bière (boisson des couches populaires) ou Sabazios, dont l'animal emblématique chez les crétois était le cheval (ou le centaure). Il se trouve que la bière athénienne était une bière d'épeautre, trágos en grec. Ainsi, les « odes à l'épeautre » (tragédies) ont-elles pu être considérées tardivement, par homonymie, comme des « odes aux boucs » (l'animal qui accompagnait le dieu et associé au vin chez les crétois).


[modifier] La liturgie et les cultes

Dionysos et son thiase, médaillon d'un kylix du Peintre de Brygos, vers 480 av. J.-C., Cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale de FranceLes Grecs considéraient Dionysos comme une divinité étrangère, ainsi que l'indique l'attribut du bonnet phrygien, qu'il partage avec Mithra. On a parlé d'une origine indienne et mésopotamienne. Le décryptage par Evans des tablettes en linéaire B découvertes dans les palais mycéniens a cependant révélé que le nom de Dionysos figurait dans la liste des divinités grecques dès l'époque archaïque.

Il semble qu'à l'époque pré-olympienne, son culte soit à rapprocher des cultes agro-lunaires et chtoniens. Eusèbe de Césarée, auteur chrétien, a évoqué des sacrifices au cours desquels on dépeçait la victime vivante (d'où l'épiclèse d'Omadios) pour la consommer.

Dionysos est un dieu très répandu et très populaire dans toute l'Antiquité. On trouve de nombreux temples tout autour du bassin méditerranéen, qui voisinent avec ceux des plus grands dieux.

Le centre du culte dionysiaque culmine avec la fête des Anthestéries, célébration hivernale et fête des morts. Dionysos est alors le dieu de l'hiver, complémentaire ou opposé à l'Apollon solaire.

Son culte public donnait lieu aux fêtes des « Dionysies », mais il existait aussi un important culte secret, représenté par des Mystères, comportant des cérémonies initiatiques. Il est souvent accompagné d'un groupe de satyres, de ménades, de panthères, de boucs, d'ânes et du vieux Silène, formant le « cortège dionysiaque ».

Le culte privé avait lieu entre initiés, c'est un culte à Mystères. Le regroupement de ces initiés porte le nom de thiase. Les thiases pratiquaient un culte caché et initiatique, souvent dans des cavernes et la nuit, au cours desquels on initiait les nouveaux membres du thiase, et qui officiaient dans la dimension ésotérique de la résurrection du dieu. On manque de sources pour savoir ce qui s'y passait exactement, mais ces cérémonies secrètes et nocturnes ont perduré jusque sous l'empire romain. Elles comportaient des sacrifices, mais aussi des délires dus à l'ivresse ou à la consommation de drogues végétales, et des excès de toutes sortes, notamment sexuels. Un scandale retentissant a fait interdire ces cultes par un sénatus-consulte en 186 av. J.-C.

Enfin il faut signaler l'existence d'une résurgence contemporaine du culte de Dionysos. Il existe ainsi plusieurs thiases aux États-Unis, et quelques-uns en Europe, mais qui n'ont rien à avoir avec ceux de l'Antiquité.


[modifier] Iconographie

Statue du dieu à DélosIl existe d'innombrables statues de Dionysos, à l'époque où il était un dieu révéré. On trouve également nombre de mosaïques à énigme, car il était courant pour un initié un peu riche de le faire savoir au sol d'une pièce publique de sa maison. Enfin des scènes évoquant ses aventures sont souvent présentes sur des sarcophages ou bas-reliefs, car il avait une importance dans la perception de la mort et de la renaissance.

Lorsque son culte s'est éteint, ses représentations ont souvent repris la confusion avec Bacchus, et il faut attendre le Symbolisme pour le voir réapparaitre avec le thyrse dans la peinture d'un Simeon Solomon.

# Posté le mardi 29 avril 2008 17:33

Modifié le mercredi 30 avril 2008 17:29

Déméter

Dans la mythologie grecque, Déméter (en grec ancien Δημήτηρ / Dêmếtêr qui dérive de Γῆ Μήτηρ / Gễ Mếtêr, « la Terre-Mère » ou de Δημομήτηρ / Dêmomếtêr, « la Mère de la Terre », de δῆμος / dễmos, « la terre, le pays ») est la déesse de l'agriculture et des moissons. Les Romains l'associèrent à Cérès. La Théogonie d'Hésiode en fait une fille des Titans Cronos et Rhéa, s½ur de Zeus, de Poséidon, d'Hadès, d'Hestia et d'Héra et la mère de Perséphone.

Quand Hadès, souverain des morts, enleva Perséphone pour en faire son épouse, Déméter partit à sa recherche et négligea les récoltes de la Terre. En prenant la forme d'une vieille femme nommée Doso, elle erra pendant neuf jours. Zeus, réalisant qu'une famine menaçait les mortels, se décida à envoyer Hermès au royaume d'Hadès pour lui demander de rendre Perséphone à sa mère. Mais Perséphone avait mangé un pépin de la grenade offerte par Hadès en guise de dernière ruse pour la garder avec lui, et la tradition voulait que quiconque mangeait dans le royaume des morts ne puisse le quitter. Zeus s'entendit pour que Perséphone passe les six ou huit mois cultivables sur la Terre avec sa mère et le reste de l'année avec son époux. C'est de ce mythe que serait né le cycle des saisons chez les grecs.

Mais Déméter n'eut pas que Perséphone. Le héros Iasion s'unit à elle dans un champ labouré trois fois et lui donna un fils qui fut appelé Ploutos et qui devint la personnification de la richesse. Homère mentionne que Zeus, par jalousie, foudroya Iasos. Unie à Poséidon, elle conçut aussi Arion, un cheval immortel, et une déesse mystérieuse, dont il était interdit de prononcer le nom : aussi désignait-on cette fille de Déméter sous le vocable de Desp½na (= « la Maîtresse »)[1]. La légende rapporte qu'ayant conçu Despoena durant sa quête de Perséphone, Déméter la fit élever par un Titan du nom d'Anytos[2].

Déméter enseigna aux humains le travail des semis et du labour. Durant son errance sous la forme de Doso, elle rencontra Céléos, roi d'Éleusis. Pour le remercier de son accueil, elle prit les fils du roi, Démophon et Triptolème, tenta de rendre le premier immortel et enseigna au second l'art de l'agriculture. Celui-ci devait en retour enseigner cet art au reste des humains. Certaines traditions mentionnent qu'elle lui aurait aussi donné des grains de blé afin qu'il les répande sur la Terre.


[modifier] Culte

Bacchus et Céres, nymphes et satyres, par Sébastien Bourdon (2e moitié du XVIIe siècle)Dans Les Travaux et les Jours, Hésiode revient fréquemment sur Déméter, et il y donne de nombreux détails sur les rites religieux entourant la fertilité et le travail de la terre. On reconnaît que cette déesse est l'une des divinités les plus favorables aux humains et qu'elle se réjouit dans la paix et le labeur. Plusieurs auteurs s'entendent pour dire qu'elle ne faisait pas partie des douze dieux de l'Olympe, puisqu'elle préfèrerait rester près de la terre et des champs.

Selon Pausanias dans sa Description de la Grèce, une grande quantité de temples et sanctuaires dédiés à Déméter parsemaient le pays, témoignant de l'importance de son culte.

Déméter fut honorée dans les mystères d'Éleusis, un culte célébrant le retour à la vie et le cycle des moissons. L'Hymne homérique à Déméter, donne la meilleure description qui puisse nous documenter sur l'origine du culte.

Elle était également honorée aux mystères de Samothrace sous la forme de la déesse Axieros, la déesse principale des Grands Dieux.

[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mardi 29 avril 2008 17:31

Modifié le jeudi 01 mai 2008 04:04

Athéna

Athéna
Athéna ou Athéné (en attique Ἀθηνᾶ / Athênã ou en ionien Ἀθήνη / Athếnê[1]) est une déesse de la mythologie grecque, identifiée à Minerve chez les Romains. Elle est également appelée « Pallas Athéna ».

Naissance
Athéna est la fille de Zeus et de Métis (une Océanide), sa première épouse, déesse de l'ingéniosité (μῆτις / mễtis, « le conseil »). Ouranos, le Ciel étoilé, prévient Zeus qu'un fils né de Métis lui prendrait son trône. Par conséquent, dès qu'il apprend que Métis est enceinte, Zeus prend le parti de l'avaler[2]. Mais quelques mois plus tard, il ressent de terribles maux de tête sur les bords du lac Triton[3] (pour certains auteurs, il s'agit d'une source ou d'une rivière). Il demande alors à Héphaïstos, le dieu forgeron, de lui ouvrir le crâne d'un coup de hache, pour le libérer de ce mal : c'est ainsi qu'Athéna jaillit, brandissant sa lance et son bouclier, de la tête de Zeus, en poussant un puissant cri de guerre. Par la suite, Athéna est considérée comme la fille de Zeus seul. Ainsi, chez Eschyle, déclare-t-elle : « Je n'ai pas eu de mère pour me donner la vie[4]. »

Très vite, elle rejoint les dieux de l'Olympe, où elle prend une place importante. L'Iliade, l'Odyssée comme les Hymnes homériques la représentent comme la favorite de Zeus, celle à qui il ne peut rien refuser. Tout comme Zeus, elle tient l'égide et peut lancer la foudre et le tonnerre. On invoque son nom à côté de ceux de Zeus et Apollon dans les serments solennels. Elle est la déesse de la Cité, mais c'est comme déesse de la sagesse, représentée par la chouette et par l'olivier, qu'elle s'impose et en vient à symboliser la civilisation grecque au cours des siècles, jusqu'à nos jours.

À l'instar d'Hestia et d'Artémis, Athéna est une déesse vierge, à qui on ne connaît pas d'aventures. Pour autant, elle est l'objet des avances d'Héphaïstos ; alors que celui la poursuit, son sperme se répand sur la cuisse de la déesse qui l'essuie avec de la laine (ἔριον / érion) qu'elle jette à terre (χθών / khthốn) ; la terre ainsi fécondée donne naissance à Érichthonios, qu'Athéna recueille et élève[5].


Rôles

Protectrice d'Athènes

Athéna Varvakeion, copie de l'Athéna chryséléphantine de PhidiasSelon la légende de Cécrops, Athéna et Poséidon se sont disputés la possession de l'Attique. Ils choisissent comme arbitre Cécrops, le premier roi du territoire. Poséidon frappe l'Acropole de son trident et en fait jaillir une source d'eau salée et offre à Cécrops un étalon noir invincible au combat. Athéna, elle, offre un olivier. Cécrops juge le présent de la déesse bien plus utile pour son peuple, et c'est elle qui devient protectrice d'Athènes.

Selon Varron[6], Cécrops demande aux habitants d'Athènes (les femmes comprises) de choisir eux-même leur protecteur. Les hommes préfèrent le cheval, susceptible de leur apporter la victoire dans la bataille. Les femmes quant à elles préfèrent l'olivier. Les femmes, plus nombreuses d'une voix, font pencher la balance en faveur d'Athéna. Furieux, Poséidon submerge l'Attique sous les flots. Pour apaiser sa colère, les Athéniens doivent imposer aux femmes trois punitions : les femmes n'auront plus le droit de vote ; aucun enfant ne portera le nom de sa mère ; les femmes ne seront plus appelées Athéniennes.

Par la suite, Athéna élève un autre roi mythique, Érichthonios. Il lui dresse l'Érechthéion, le plus ancien sanctuaire de l'Acropole, dont les premières prêtresses ne sont autres que les filles de Cécrops, Aglaure, Pandrose et Hersé, c'est-à-dire respectivement le beau temps, la rosée et la pluie, tous trois dons d'Athéna. Il crée également en son honneur les Panathénées, destinées à fêter l'anniversaire de la déesse, la plus grande fête religieuse d'Athènes. En tant que divinité civilisatrice, les Athéniens la vénèrent également pour lui avoir appris à utiliser l'araire, et l'attelage des b½ufs. Au total, Athéna est la divinité poliade (Πολιάς, « protectrice de la cité ») d'Athènes.

Athéna est, comme Artémis, vierge, et tient beaucoup à sa virginité ; elle fut donc surnommée Parthénos (jeune fille) d'où le nom du grand temple d'Athènes sur l'Acropole, le Parthénon.


Conseillère des héros

Héraclès entrant dans l'Olympe accompagné par Athéna, olpè attique à figures noires, 550-530 av. J.-C., musée du LouvreComme Hermès, son demi-frère, elle se charge souvent de protéger les héros. C'est le cas dans la guerre de Troie, où après avoir été refusée par Pâris dans le jugement du mont Ida, elle prend parti pour les Grecs. Elle protège tout particulièrement Diomède. Après la guerre, elle protège Ulysse et surtout Télémaque, sous les traits de Mentor. Elle apaise la colère des Érinyes et fait acquitter Oreste par l'Aréopage.

Elle aide également Héraclès (Hercule) à accomplir ses douze travaux, et Persée à tuer Méduse, dont la tête coupée orne ensuite son égide. C'est elle qui conseille Cadmos, le fondateur de Thèbes, lui enjoignant de tuer le dragon puis de semer ses dents pour susciter une armée hors de terre. Elle indique à Bellérophon comment dompter Pégase.Par la suite elle se rendit sur le trône provoquant Zeus.


Déesse de la guerre et de la sagesse
Il peut sembler étrange que la déesse de la sagesse naisse en armes et soit également la déesse du combat. Pourtant, ses épiclèses le montrent : elle est Athéna Πρόμαχος / Prómakhos, celle qui combat au premier rang, ou encore Athéna Νίκη / Níkê, déesse de la victoire — bien des représentations la montrent d'ailleurs tenant Nikê, personnification de la victoire, dans la main, tout comme c'est le cas de Zeus. L'Hymne homérique à Athéna indique ainsi :

« Je chanterai Pallas Athènaiè, puissante protectrice des villes, et qui s'occupe, avec Arès, des travaux guerriers, des villes saccagées, des clameurs et des mêlées. Elle protège les peuples qui vont au combat ou qui en reviennent. Salut, Déesse ! Donne-moi la bonne destinée et la félicité[7]. »

Ce sont ses conseils qui guident les dieux lors de la gigantomachie, et selon certaines traditions, elle tue elle-même le Géant Pallas, ce qui lui aurait valu son nom de « Pallas Athéna ».

Il n'est pas anodin que les sages grecs aient revêtu Athéna d'attributs guerriers : la guerre est omniprésente dans le monde des cités grecques ; la sagesse implique que la cité soit protégée non seulement spirituellement, mais aussi physiquement. Athéna, par son coté guerrier représente davantage l'art de bien se protéger et de prévoir les combats à venir, que l'art du combat lui-même, incarné par Arès dans sa sauvagerie meurtrière. Athéna incarne l'aspect plus ordonné de la guerre, la guerre qui obéit à des règles, celle qui se fait en certains lieux, à certaines périodes, et entre les citoyens.


Patronne des artisans et des techniques

Pallas et le centaure, par Botticelli (1482)Enfin, Athéna est une déesse civilisatrice, comme nous l'avons vu à Athènes, qui la vénère entre autres pour le don de techniques agricoles. C'est elle toujours qui montre à Érichthonios comment fabriquer un char[8], et à Danaos, à Rhodes, comment concevoir un navire à cinquante rames — son rôle est similaire dans la légende des Argonautes, c'est elle qui montre comment construire l'Argo. Elle est la protectrice des artisans et des travailleurs sous son épithète d'Ἐργάνη / Erganê, « la travailleuse ».

Tout ce qui est filé ou cousu est de son domaine, comme le montre par ailleurs la fable d'Arachné, transformée en araignée pour avoir osé prétendre qu'elle filait mieux que la déesse. De nombreuses représentations la montrent tenant un fuseau ou un rouet[9].

Enfin, elle est aussi Ὑγεία / Huy-dat, la protectrice de la santé familiale.

[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mardi 29 avril 2008 17:27

Modifié le mercredi 30 avril 2008 16:45

Artémis

Artémis
Dans la mythologie grecque, Artémis (en grec ancien Ἄρτεμις / Ártemis) est la déesse de la chasse et une des déesses associées à la Lune (par rapport à Apollon, qui est le dieu du Soleil). Elle est assimilée dans la mythologie romaine à la déesse Diane.

Elle est la fille de Zeus et de Léto et la s½ur jumelle d'Apollon (ou simplement sa s½ur, selon l'hymne homérique qui lui est consacré), avec lequel elle partage beaucoup de traits communs.

Née sur l'île d'Ortygie « l'Ile aux cailles », appelée plus tardivement Délos, Artémis fait du pays des Hyperboréens sa résidence principale[1] où elle règne en maîtresse de la nature sauvage et des animaux. « Que toutes les montagnes soient les miennes » déclare-t-elle dans l'hymne de Callimaque de Cyrène. Elle erre aussi dans les agroi, les terres en friches, incultes et peu fréquentées. Comme le souligne Jean-Pierre Vernant, elle « a sa place en bordure de mer, dans les zones côtières où entre terre et eau les limites sont indécises[2] ». Toujours située à la frontière entre le monde civilisé et le monde sauvage, Artémis la chasseresse est aussi une κουροτρόφος / kourotrophós[3], qui préside à l'initiation des petits d'hommes et d'animaux et les accompagne jusqu'au seuil de la vie adulte.

Armée d'un arc et de flèches offerts par les Cyclopes[4], Artémis assiste son frère Apollon dans son combat contre le serpent Python ainsi que dans la gigantomachie. Pendant la guerre de Troie, elle est également aux côtés des Troyens. Comme lui, elle pourfend de ses flèches les Niobides. Elle l'aide à se venger de Coronis et de Tityos. De manière générale, elle envoie sur les femmes la mort soudaine, alors qu'Apollon se charge des hommes. Dans l'Iliade, Héra la qualifie ainsi de « lionne pour les femmes ». On lui chante, comme à Apollon, le péan.


[modifier] Chasseresse à l'arc d'or

Diane chasseresse, par Auguste Renoir (1867)Coureuse des bois, sauvageonne insoumise et fière, Artémis appartient avant tout au monde sauvage, alors que son frère Apollon se présente comme un dieu civilisateur. Seule parmi les dieux, à l'exception de Dionysos, elle est constamment entourée d'une troupe d'animaux sauvages, d'où son épiclèse de ηγημόνη / Hêgêmónê, « la Conductrice ». Elle est aussi à la tête d'une troupe de nymphes (20 nymphes du mont Amnisos, selon Callimaque) et de jeunes mortelles, qu'elle mène à travers les forêts. L'Iliade en parle comme de « l'agreste Artémis (...), la dame des fauves (potnia theron)[5].

Surnommée la « Bruyante » (Κελαδεινή / Keladeinế), elle mène sa meute et les pousse de la voix. Artémis possède en effet le double visage de la compagne des animaux sauvages, et de la chasseresse. La biche symbolise bien son ambivalence : la bête est sa compagne favorite, et de nombreuses représentations la montrent à son côté. Néanmoins, Artémis est aussi celle qui est réputée pour suivre de ses flèches cerfs et biches, même si peu de textes l'attestent.

La déesse sagittaire est enfin appelée par Homère Artémis khrysêlakatos, « à l'arc d'or » et par Hésiode iochéairê, « l'archère »[6]. Chez Homère, l'arc se dit βιός / biós, qui se rapproche de βίος / bíos, « la vie ». C'est pourquoi, Artémis, encore appelée « la radiante », est aussi celle qui guide les égarés, les étrangers, ou les esclaves en fuite au c½ur de la nuit. Aussi Artémis porte-t-elle en latin le nom de Trivia, « celle qui éclaire la route aux carrefours de la vie ».


[modifier] Déesse ambiguë

Diane au bain, par François Boucher (1742)Tout comme Athéna et Hestia, Artémis est une déesse « vierge », improprement considérée par les mythocritiques jusqu'au XIXe siècle comme « chaste », jusqu'à ce que Jean-Pierre Vernant éclaire davantage les adjectifs accolés à son nom. Artémis est parthenos, la vierge qui s'occupe du feu, ou, comme le rapporte Plutarque, celle qui s'abstient de tout commerce sexuel avec des hommes. Elle punit sévèrement les hommes qui tentent de la séduire : « tristes noces, celles que briguèrent Otos et Orion[7] ». Quand Actéon la surprend par hasard dans son bain, elle le métamorphose en cerf et le fait déchirer par ses propres chiens.

Elle surveille également la chasteté de ses compagnes : elle décoche une flèche à Callisto, fille de Lycaon, pour avoir eu des rapports sexuels avec Zeus. On soulignera que Zeus parvint à ses fins auprès de Callisto parce qu'il avait pris l'apparence d'Artémis, élément qui révèle l'ambiguïté de la relation qui unissait Artémis et Callisto.

[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mardi 29 avril 2008 17:14

Modifié le mercredi 30 avril 2008 16:42